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Transavia reprise et perspectives : l'interview de Nicolas Hénin

Mis à jour : août 2

L’équipe gate7 poursuit son tour d’horizon des compagnies aériennes bien implantées sur le territoire français dans le cadre de la reprise de leur activité suite à la pandémie. Nous analysons avec elles les challenges, opportunités et perspectives de croissance dans un paysage aérien incertain et profondément modifié.


Après Volotea, et avant de poursuivre avec d'autres compagnies, Gate7 a rencontré Nicolas Hénin, directeur général adjoint commercial et marketing de Transavia France, à l'occasion de l'ouverture de la base de Montpellier pour évoquer avec lui les perspectives à court et moyen terme et la stratégie de développement de la compagnie low-cost du Groupe Air-France KLM.

G7 :Que représente l’ouverture de la base de Montpellier pour Transavia ?


N.H : C’est un plaisir énorme de pouvoir enfin ouvrir cette base qui constitue notre développement majeur de l’année 2020. Nous avons dû malheureusement repousser l’ouverture qui était prévue initialement début avril à cause de la crise sanitaire.

Nous ouvrons cette nouvelle base avec un programme qui est finalement très proche de celui prévu au départ avec 15 destinations sur les mois de juillet et août.

Etre capable de faire cela, répondre à l’enthousiasme et l’engouement que nous avions suscités ici est vraiment une satisfaction et un motif d’espoir et d’optimisme après des mois difficiles. C’est une belle journée pour Transavia.


G7 : Il s’agit de votre quatrième base, combien de temps s’est écoulé entre le moment où vous avez commencé à réfléchir à une nouvelle implantation et la concrétisation de ce projet ?


N.H : Cela fait un moment que nous y réfléchissons. La dernière fois que nous avions ouvert une base ne date pas d’hier, c’était il y a déjà 10 ans. Nos priorités de croissance étaient ailleurs : poursuivre le développement d’Orly, atteindre une taille critique à Nantes et Lyon avec un objectif d’être numéro un ou deux sur nos bases plutôt que de se disperser partout.

La levée de la limitation de la flotte de Transavia signée l’été dernier a été un véritable déclencheur et nous a permis d’entrevoir des possibilités d’accélération de croissance plus importantes et lointaines qu’initialement envisagées. Cette quatrième base est l’occasion de concrétiser cette nouvelle phase de notre développement. Le choix de Montpellier s’est fait très naturellement, aucune autre compagnie n’y était basée et la localisation de Montpellier offre de belles possibilités de développement.


G7 :D’autres low-cost telles que Ryanair, easyJet, Wizz Air, Volotea et Vueling s’intéressent également au marché français ; certaines se sont d’ailleurs recentrées sur le marché domestique ou au départ des régions. Comment Transavia compte répondre à cette concurrence ?


N.H : De manière générale le marché français est encore peu pénétré par les low-costs en comparaison avec d’autres pays, le Royaume Uni, l’Espagne, l’Italie par exemple. Cela signifie qu’il y a en France des marges de croissance identifiées par toutes les compagnies.

Cela signifie plus de concurrence évidement, mais nous voyons cela comme une opportunité pour stimuler notre attractivité où nous sommes déjà présents et également étendre notre empreinte en France à plus long terme.


G7 : Transavia a-t-elle vocation à rester exclusivement sur le marché français ou l’ouverture de bases à l’étranger est également envisagée ?


N.H : Aujourd’hui notre objectif prioritaire reste le marché national, qui offre un potentiel important. Nous y sommes positionnés pour défendre ce que nous avons déjà gagné mais aussi pour être en capacité de passer rapidement à l’offensive pour alimenter notre croissance et étendre notre empreinte. Il reste beaucoup à faire sur ce marché.


G7 :Transavia a un réseau très orienté vers le bassin méditerranéen. D’autres compagnies comme Wizz Air se développent très vite et tous azimuts, notamment vers l’Est. Est-ce cela peut évoluer pour Transavia ?


N. H : Cela peut évoluer bien sûr. Le bassin méditerranéen est notre cœur de réseau. Il nous a permis de nous développer et d’atteindre la rentabilité depuis 3 ans. C’est là que la marque s’est fait connaître et est appréciée des clients. C’est donc naturellement vers ces destinations que nous nous tournons quand nous ouvrons une nouvelle base comme Montpellier. Au-delà d’une certaine taille il faudra élargir nos horizons et y réfléchir plus profondément. La croissance passera forcément par un élargissement au-delà du bassin méditerranéen que ce soit à l’Est, au Nord, ou au Moyen Orient.


G7 : A l’issue de la crise, on a l’impression que les low-costs sont mieux placées pour tirer leur épingle du jeu que les compagnies traditionnelles. Est-ce votre sentiment ?


N.H : A court terme, le trafic intra européen sera le premier à reprendre, notamment le trafic affinitaire avec des passagers voulant retrouver leurs familles, et la demande est actuellement très forte. Ensuite la crise économique et la potentielle baisse de pouvoir d’achat favorisent les compagnies en mesure de proposer des tarifs attractifs. Tout cela laisse supposer que les low-costs risquent de repartir plus vite. Il faut toutefois rester humble par rapport à cette crise. Toutes les incertitudes qui existent encore nous obligent à voir les choses à très court terme.

Difficile d’imaginer la demande à 6 mois-un an. Ce que nous constatons en revanche c’est une très forte demande de last minute.


G7 : Transavia a-t-elle revu ses tarifs à la baisse ou est-elle au même niveau de tarifs qu’avant la crise ?


N.H : Nous sommes au même niveau que d’habitude à ceci près que pendant 3 mois l’absence de ventes à conduit à ce qu’il y ait mécaniquement beaucoup de prix bas encore à la vente en juillet aout. Cela est en train de partir très vite avec la poussée de réservations depuis à peu près une dizaine de jours. Il y a eu un effet de bonnes affaires mais nos vols se remplissent et il y en a de moins en moins malheureusement.


G7 : Il y a beaucoup de discussions en cours au sein du groupe Air France KLM. Peut-on parler du rôle que Transavia est amenée à y jouer ou est-ce prématuré ?


N.H :Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus aujourd’hui sur le sujet. Benjamin Smith a clairement dit qu’il fallait repenser l’offre domestique du groupe Air France. Ceci n’est pas nouveau et la crise a accéléré cette réflexion. Au sein de cette nouvelle organisation Transavia aura un rôle à jouer mais il est trop tôt à ce stade pour en dire plus. Nous devrions être fixé rapidement.


G7 : Comment se positionne Transavia vis à vis d’Air France ?


Nous avons deux offres très différentes. Nous avons un produit low-cost avec un produit simple et efficace que cela soit au sol ou en vol avec une promesse claire. Air France est sur du produit legacy qui s’adresse à des voyageurs d’affaire ou à des touristes avec d’avantage de services tels que Skypriority et des salons. Certains clients sont très attachés à la marque Air France et d’autres préfèrent voler low-cost et apprécient Transavia qui leur apporte un autre produit qui correspond à leurs attentes. Les deux compagnies offrent une réelle complémentarité dans le marché et sont destinées à des types de clientèle avec des attentes différentes.



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