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Interview : Quentin pilote cadet chez Air France, un parcours atypique

Paris le 29 août 2023 - Si vous pensiez que tous les pilotes de ligne suivaient un même parcours tracé d’avance détrompez-vous ! L’accès à ce métier se fait au travers de parcours individuels très divers avec pour tous un point en commun, la passion du métier et beaucoup de travail. Gate7 a rencontré Quentin actuellement pilote cadet chez Air France. Agé de 26 ans, ce pharmacien diplômé, a intégré la filière pilotes cadets d’Air France en janvier 2023 et termine la dernière partie de la phase pratique.


A la suite de ce premier volet, Gate7 reviendra sur les spécificités de la filière cadet d'Air France avec Olivier Seyller, chef pilote formation initiale.


Quentin, un parcours atypique
Quentin , Pilote Cadet Air France

L’aviation est-ce une vocation, une passion pour vous ?

J’ai toujours été fasciné par les avions depuis mon enfance ou le meilleur moment des vacances était le trajet en avion. Être pilote m’a toujours attiré et représenté le métier de mes rêves. Comme je n’avais aucun exemple dans mon entourage ni contacts dans le milieu aéronautique devenir pilote me semblait inaccessible. J’avais passé mon brevet d’initiation en troisième et effectué un vol de découverte, mais lorsque j’ai dû faire un choix au lycée pour m’orienter, le contexte dans le milieu aéronautique n’était pas favorable. Je n’avais par ailleurs ni le recul ni la maturité nécessaires pour me lancer dans ce projet. Aussi j’ai choisi une filière scientifique qui m’intéressait et qui m’a ensuite conduit en pharmacie.

Comment êtes-vous revenu à l’aéronautique ?

J’ai très peu voyagé durant mes premières années de pharmacie qui étaient très prenantes. Le jour où j’ai embarqué dans un avion pour partir en vacances, la porte du cockpit était ouverte avant notre décollage. En regardant les pilotes préparer le vol, j’ai eu le sentiment d’avoir fait une erreur et m’en suis voulu de ne pas avoir essayé. L’idée a continué à faire son chemin et je me suis décidé à évoluer vers ce métier. La filière pilotes cadets Air France était pour moi le meilleur moyen pour y parvenir. La formation dispensée à l’ENAC est excellente et se fait sur des avions complets avec des procédures qui sont suivies en ligne. Les instructeurs sont habitués à travailler avec des élèves qui vont ensuite rejoindre des compagnies aériennes.

Le fait d’être déjà sous contrat avec Air France enlève un poids énorme et permet de se dédier entièrement à la formation ce qui n’est pas le cas quand on passe par une formation privée. Durant la formation nous sommes logés et percevons l’équivalent du SMIG.

L’admission au sein de la filière a demandé beaucoup de travail et d’efforts ?

Cela demande en effet beaucoup de préparation et de persévérance. J’ai connu des échecs et tenté le concours plusieurs fois. Mes échecs m’ont fait prendre conscience des efforts demandés et, au lieu de me décourager, m’ont confirmé dans mon choix. J’ai travaillé pendant les vacances, les week-ends, le soir en rentrant du travail comme l’ont fait toutes celles et tous ceux qui ont choisi cette voie.

Quelles aptitudes faut-il pour réussir la sélection ?

La capacité d’adaptation est très importante dans la préparation. Les différentes phases de la sélection sont très différentes et il faut passer de l’anglais à la culture générale, des tests psychotechniques et psychomoteurs et en même temps des tests comportementaux en groupe et des tests de personnalité. La capacité de se remettre en question est également nécessaire et comprendre comment s’améliorer. Enfin il faut s’imprégner des sujets que l’on traite, chercher à comprendre, se renseigner.

L’ENAC utilise des avions complexes et performants, avec des équipements avancés. Cela permet de s’habituer à la charge de travail sur des avions rapides et technologiques (comme tout va plus vite il faut gérer ses ressources), de nombreuses procédures qui sont pour la plupart adaptées à ce que font les pilotes de ligne. Ça nous permet de prendre rapidement des réflexes, même sur des avions plus petits et moins rapides. La transition se fait progressivement vers des avions de plus en plus gros, en s’habituant au plus tôt aux méthodes.

Je rajouterai qu’Air France met en place un stage planeur sur plusieurs semaines. Ce stage a pour but de nous sensibiliser à d'autres notions de pilotage, en affinant notre perception de l'air et développant aussi la prise de décision.


Formation à l'ENAC
travail d'équipe, passion et persévérance sont nécessaires pour réussir

Quelles valeurs vous a appris la formation ?

Avant tout le travail d’équipe. Chacun certes travaille pour lui-même et pour réussir mais il y a une réelle entraide entre nous. L’honnêteté intellectuelle, la capacité de se remettre en question sont des valeurs très présentes. Je pense que ces valeurs auxquelles l’ENAC nous forme se retrouvent ensuite dans le cockpit et plus généralement au sein d’Air France.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Je suis en train de passer sur bimoteur en vol aux instruments, ensuite ce sera la formation au travail en équipage et à la communication et ensuite l’apprentissage spécifique sur la machine sur laquelle je volerai au sein d’Air France. Ça peut être sur Airbus A320, A220 ou encore Boeing 737 si mon affectation se fait chez Transavia. A priori je devrais commencer à voler début 2024.

Avez-vous une préférence parmi les 3 appareils cités ?

Avoir un tel choix est fantastique ! Le Boeing 737 est un avion mythique mais tous ces avions sont de belles machines et ont chacun des avantages et inconvénients. Les réseaux de Transavia et Air France et les rythmes de vols sont différents tous deux avec des destinations intéressantes. Je n’aurai de toute façon pas à choisir et cela me va bien comme cela.

Quels messages pour celles et ceux qui auraient envie de suivre la même voie ?

Le plus important est d’y croire et de s’investir à fond. Ce cursus demande beaucoup de travail et des sacrifices mais si on se donne les moyens de le faire on peut y arriver. Mes études en pharmacie m’ont aidé car le parcours est très varié et cela forme à la rigueur mais aussi à travailler avec des profils très différents.

Que représente le port de l’uniforme pour vous ?

L’uniforme représente le professionnalisme de notre métier et les responsabilités qui sont celles des pilotes. L’enfiler, même en formation, nous fait prendre conscience de notre mission et nous permet de l’endosser.


interview réalisée par Christophe Chouleur pour Gate7


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