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Jeanne, un des visages de l'été 2026 du hub d'Air France, accompagne les enfants voyageant seuls à Paris-CDG

  • Photo du rédacteur: Gate 7
    Gate 7
  • il y a 1 heure
  • 9 min de lecture

Paris le 20 août 2026 - Pendant les vacances d’été, le hub de Paris-Charles de Gaulle voit passer plus de 100 000 voyageurs par jour. Parmi eux, des enfants qui voyagent seuls, parfois pour la première fois. Pour les accompagner, Air France s’appuie sur des équipes spécialement formées. Cet été, Jeanne, 21 ans, a rejoint le dispositif. Rencontre avec une jeune femme qui découvre les coulisses d’un métier aussi humain qu’exigeant.


À Paris-Charles de Gaulle, les vacances d’été sont synonymes de forte activité. Dans les terminaux, les familles se croisent, les passagers en correspondance se pressent vers leur prochaine porte d’embarquement et les équipes Air France veillent au bon déroulement de milliers de parcours.

Mais certains passagers nécessitent une attention toute particulière : les enfants qui voyagent seuls.

Chez Air France, ils sont 119 000 à voyager chaque année, appelés « Kids Solo » ou UM, pour Unaccompanied Minor dans la règlementation internationale. Leur prise en charge est un service à part entière, qui commence dès leur départ et se poursuit jusqu’à leur arrivée à destination.

Cet été, parmi les personnes chargées de les accompagner à Paris-CDG se trouve Jeanne. À 21 ans, originaire de Nancy, elle a rejoint Air France pour les mois de juillet et août dans le cadre d’un emploi saisonnier.


 Le plus important, c'est vraiment de faire passer aux enfants un voyage inoubliable.
l'objectif de Jeanne est que les enfants gardent un souvenir inoubliable de leur voyage avec Air France et que les parents aient l'esprit tranquille

Une rencontre presque par hasard avec Air France


Après avoir obtenu son BAFA en 2022 et plusieurs expériences en centres aérés et en colonies de vacances, elle cherchait un emploi saisonnier. Elle consulte alors les offres proposées et publiées par Air France au printemps dernier sur le site « emplois ».

« Je recherchais, par exemple, un poste d’agent d’escale », explique-t-elle. « Et je suis tombée sur cette offre. Quand j’ai vu qu’il fallait le BAFA et que je l’avais déjà, je me suis dit que c’était une occasion rêvée. »

L’opportunité est d’autant plus intéressante pour elle qu’elle nourrit depuis longtemps un intérêt pour l’univers aérien.

Son objectif ? Découvrir l’entreprise de l’intérieur, acquérir une première expérience dans l’aérien et, peut-être, confirmer un projet professionnel qui pourrait à terme la conduire vers les métiers de l’escale ou du personnel navigant commercial.

« Je voulais justement voir si ça pouvait me plaire, si l’entreprise pouvait me correspondre », raconte-t-elle.


Des enfants de 4 à 14 ans


Le service « kids solo » des UM concerne des enfants qui voyagent seuls et dont l’âge varie selon les trajets.

Pour les vols concernés, le service s’adresse aux enfants de 4 à 12 ans, tandis que sur les vols internationaux, il concerne les 5 à 14 ans. Au-delà de l’âge où le service est obligatoire, les familles peuvent également choisir de continuer à en bénéficier pour leurs enfants âgés entre 15 et 17 ans.

Et à Charles de Gaulle, certaines correspondances peuvent être particulièrement longues.

« Nous allons accueillir principalement les enfants qui ont plus de 02h30 de correspondance », explique Jeanne. « Mais cela peut aussi être le cas lorsqu’ils ont un gros retard sur leur avion. »

Dans ces situations, les enfants sont accueillis dans un espace, comme un Salon vip qui leur est entièrement consacré.


le cahier d'activités pour les enfants voyageants seuls avec Air France kid solo
le cahier d'activités

Deux salles pour jouer… ou simplement souffler


Le dispositif repose notamment sur deux espaces distincts.

Le premier est pensé pour les activités et les jeux. Baby-foot, télévision, coloriages, bracelets et autres activités permettent aux enfants de passer le temps entre deux vols.

Car une correspondance peut parfois durer plusieurs heures.

« Certaons enfants restent sept ou huit heures », explique Jeanne. « Il y a eu le vol avant, il y a le vol après… ça fait un long trajet. Au-delà de la fatigue, il faut quand même les occuper pour éviter qu’ils s’ennuient. »

Juste à côté se trouve une seconde salle, beaucoup plus calme. Des canapés permettent aux enfants plus âgés de se reposer, de jouer sur leur console ou simplement de rester tranquillement sur leur téléphone.

« Les plus grands préfèrent souvent rester sur leur téléphone », sourit Jeanne.

Deux ambiances différentes, donc, mais un même objectif : permettre aux jeunes voyageurs de vivre leur correspondance dans les meilleures conditions possibles.

 

 

Une équipe présente de 05 heures à 22 heures


Jeanne n'est évidemment pas seule pour assurer cette mission.

Au mois de juillet, l'équipe comptait neuf personnes. En août, elles sont dix, avec une organisation permettant d'assurer les différentes rotations et les temps de repos.

Les espaces dédiés aux « Kids Solo » /UM sont ouverts de 05 heures à 22 heures.

En dehors de ces horaires et des vacances scolaires, les enfants ne sont toutefois jamais laissés seuls : d'autres espaces de prise en charge existent dans les back-offices des Terminaux 2E et 2F lorsque cela est nécessaire.

La mission dépasse d'ailleurs parfois les murs de la salle.

« On nous demande de plus en plus de les emmener jusqu'à leur porte d'embarquement », raconte Jeanne. « Cela peut arriver deux ou trois fois dans la journée. C'est toujours sympa de pouvoir se déplacer dans l'aéroport et de les accompagner jusqu'à leur porte. »


Quand l'anglais devient indispensable


Travailler avec des enfants venus du monde entier implique également de pouvoir communiquer avec eux.

Le recrutement prévoit ainsi un niveau minimum d'anglais. Les autres langues constituent naturellement un avantage supplémentaire.

Dans l'équipe de Jeanne, les compétences linguistiques sont complémentaires : espagnol, portugais, russe…

« On arrive toujours à se débrouiller », explique-t-elle. « S'il est complètement impossible de communiquer avec l'enfant, on trouve toujours une solution. Et puis, pour jouer à un jeu ou faire un baby-foot, il n'y a pas forcément besoin de parler. »

Une situation vécue récemment illustre cette diversité : une jeune passagère russophone a pu bénéficier des quelques connaissances de Jeanne dans cette langue.



Des enfants parfois plus habitués au voyage que leurs accompagnateurs


On pourrait imaginer que les enfants voyageant seuls sont particulièrement anxieux. Pourtant, Jeanne a été surprise de constater que ce n'était pas nécessairement le cas.

« Étonnamment, j'ai eu face moi des enfants zens, qui ont l’habitude de voyager seuls et qui connaissent mieux que tout le monde toutes les étapes de leurs voyages avec Air France », raconte-t-elle. « Depuis le mois de juillet, je n'en ai vraiment vu qu'un seul qui était très stressé. »

« Il y en a beaucoup qui sont habitués à voyager très jeunes. Ils arrivent dans la salle comme s'ils arrivaient chez eux. Ils posent leurs affaires, viennent jouer… »

Pour certains enfants, ces espaces sont devenus une véritable seconde maison.

Une situation qui témoigne aussi de la fidélité de certaines familles au service.


Rassurer les parents, une mission essentielle


Si les enfants semblent parfois parfaitement sereins, leurs parents le sont-ils autant ?

La question est évidemment centrale lorsqu'un enfant voyage seul sur plusieurs milliers de kilomètres, par exemple entre les New-York et Marseille.

Les équipes peuvent permettre à l'enfant de contacter ses parents lorsqu'il le souhaite ou lorsque cela semble nécessaire.

« S'il demande à appeler ses parents, on peut lui proposer », explique Jeanne. « On essaye de faire au maximum pour qu'il puisse garder le contact avec eux. »

Air France travaille également à renforcer l'information destinée aux parents pendant le parcours. Des notifications permettent notamment de les informer lorsque l'enfant part et lorsqu'il arrive, tandis que des fonctionnalités plus complètes sont progressivement mises en place afin de suivre davantage les différentes étapes du voyage.

Une évolution logique à une époque où les voyageurs sont habitués à recevoir des informations en temps réel sur leur trajet.


Une expérience différente du BAFA


Pour Jeanne, cette expérience est aussi l'occasion de découvrir une autre facette de l'accompagnement des enfants.

« Ça n'a quand même rien à voir avec ce que j'avais fait avant », reconnaît-elle.

Dans les centres de loisirs ou les colonies de vacances, les enfants évoluent dans un environnement beaucoup plus stable. Ici, ils arrivent parfois après plusieurs heures de vol, peuvent être confrontés au décalage horaire et viennent de pays différents.

« Les colonies de vacances, c'est toute la nuit. Là, c'est uniquement un accueil pendant la journée. Les enfants viennent de partout, ils sont fatigués par leurs horaires de vol ou le décalage horaire. C'est vraiment un contexte complètement différent. »

Une expérience particulièrement enrichissante pour une jeune femme qui souhaite justement découvrir différentes facettes du monde aérien.


L'uniforme, symbole d'une appartenance


Depuis son arrivée, Jeanne porte également l'uniforme Air France.

Un détail qui n'en est pas vraiment un.

« Porter l'uniforme, c'est toujours quelque chose. Ça reste quand même une fierté de marcher dans l'aéroport avec l'uniforme. »

Elle découvre aussi une forme de solidarité propre aux salariés de la compagnie.

« Quand on croise quelqu'un en uniforme, même si on ne le connaît pas, on peut se dire bonjour, se faire un sourire. Il y a une reconnaissance entre nous qui est sympa. »

Mais l'uniforme possède également un autre effet : il transforme parfois Jeanne en repère , source d'informations dans le terminal pour les passagers.

« Quand on se déplace dans l'aéroport, les passagers nous demandent où se trouve leur porte ou d'autres choses. ». Même lorsqu'ils ne voyagent pas avec Air France.


De Nancy à l'aérien


Cette expérience pourrait surtout constituer une première étape dans le parcours professionnel de Jeanne.

Après avoir terminé une licence de droit, elle envisage de changer de voie.

« Le droit me plaît, mais je n'ai pas envie de continuer dans ce domaine. J'ai envie de faire ce que je voulais faire depuis le début : travailler dans l'aérien. »

Elle pourrait commencer par les métiers au sol, notamment l'escale, avant éventuellement d'envisager une passerelle vers le personnel navigant commercial.

Une manière aussi de découvrir progressivement les différentes facettes d'une compagnie aérienne.

« Même passer par le sol, ça peut être une étape. Ça permet d'acquérir de l'expérience et de mieux connaître l'entreprise. »


Responsabilité, créativité et écoute


Alors, quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Pour Jeanne, la première est évidente : la responsabilité.

« On est en charge d'enfants. Même si on s'amuse avec eux, on est responsable d'eux. »

Viennent ensuite la créativité, indispensable pour occuper des enfants pendant plusieurs heures, mais aussi la sociabilité et la capacité d'écoute.

Car derrière le jeu et les activités, l'essentiel reste l'humain.

« Il y en a qui ont envie de parler. Il faut être à l'écoute. »

Une approche qui résume finalement assez bien la mission.


Faire du voyage un souvenir inoubliable


Pour Jeanne, l'objectif dépasse largement la simple surveillance.

« Le plus important, c'est vraiment de faire passer aux enfants un voyage inoubliable. De leur faire rêver. »

Car voyager seul peut être une expérience impressionnante pour un enfant. Le rôle des équipes est donc de transformer ce qui pourrait être une source d'inquiétude en une aventure.

« Le voyage, ce n'est pas forcément quelque chose d'amusant pour un enfant. On essaye de tout faire pour que ça le soit et pour qu'il garde un souvenir inoubliable et unique de son passage. »

Une philosophie que l'on retrouve également dans les attentions proposées aux jeunes voyageurs : programmes tv dédiée, pochettes de vol, trousses de voyage et, depuis cet été, de nouveaux cahiers de voyage permettant notamment de jouer, construire un avion en papier, colorier, faire des mots croisés en autres activités en français et anglais.

Comme à bord, les repas servis dans ce mieu sont pensés pour s'adapter à leurs besoins. Les enfants disposent en permanence de fruits, gâteaux, compotes et autres encas. Trois plats principaux leur sont proposés, avec notamment des pâtes à la bolognaise, une option végétarienne ou du riz au poulet.

Et ici encore, le décalage horaire est pris en compte : il n'est pas forcément étonnant qu'un enfant venu d'un autre continent ait envie de déjeuner à une heure qui correspond à celle de son pays d'origine.


Des clients d'aujourd'hui… et peut-être de demain


Derrière ce service se trouve enfin un enjeu plus large pour Air France.

Les enfants accompagnés aujourd'hui sont aussi les voyageurs de demain.

Certains découvriront peut-être la compagnie pour la première fois à l'occasion d'un trajet entre Paris et Nice, Toulouse, Marseille, départements d’outre mer ou une autre ville française pour rejoindre leurs grands-parents ou leur famille. D'autres effectueront une longue correspondance internationale à Charles de Gaulle, notamment sur New-York, Dakar.

Air France fait de l'accompagnement des mineurs voyageant seuls une véritable spécificité de son offre, avec un dispositif particulièrement développé à l'échelle du réseau.

Et cette expérience peut laisser une trace durable.

« On voit des enfants qui nous disent qu'ils veulent faire ce métier plus tard », raconte Jeanne.

Peut-être que certains de ces jeunes voyageurs croiseront un jour, dans un aéroport, une collègue en uniforme Air France et se souviendront de leur propre voyage lorsqu'ils étaient enfants.


« Je leur dirais de foncer »


Après près de deux mois dans les espaces dédiés aux « Kids Solos »/UM, Jeanne ne cache pas son enthousiasme.

À ceux qui seraient tentés par cette expérience l'été prochain, son conseil est simple :

« Je leur dirais de foncer. »

Pour elle, ce job saisonnier est bien plus qu'un emploi d'été.

C'est une première immersion dans l'univers aérien, une expérience humaine et professionnelle, mais aussi une occasion de découvrir une compagnie de l'intérieur.

Et peut-être le premier pas vers une carrière dans l'aérien.

À 21 ans, Jeanne ne sait pas encore exactement où cette première expérience la conduira. Mais une chose semble déjà acquise : entre les enfants voyageant seuls, les salles d'activités, les longues correspondances et les couloirs de Charles de Gaulle, elle a trouvé un univers qui lui plaît.

Et lorsqu'elle quitte la salle des UM pour accompagner un enfant jusqu'à sa porte d'embarquement, son uniforme devient alors bien plus qu'une tenue professionnelle : il devient le visage rassurant d'Air France pour un jeune passager qui découvre le monde.


interview Christophe Chouleur pour Gate7 / photos Air France

merci à Jeanne et Cédric

 



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