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Reconversion professionnelle : quand la passion pour l’aérien devient un métier

  • Photo du rédacteur: Gate 7
    Gate 7
  • il y a 4 minutes
  • 4 min de lecture

Paris le 12 février 2025 - Alexis et Oumar racontent leur changement de trajectoire pour rejoindre Air France après avoir exercé un autre métier.


un changement de trajectoire pour un atterrissage à Air France Alexis (gauche) Oumar (droite)
Alexis et Oumar n'ont pas hésité à prendre des risques pour trouver leur voie


Quand le parcours professionnel prend des détours


Quitter un métier stable pour suivre une passion demande du courage. Alexis et Oumar ont fait ce choix. De la police nationale à l’escale d’Air France du terminal 2 E à Paris-Charles-de-Gaulle pour l’un, de la RATP aux ateliers de maintenance d’HELIOS pour l’autre, leurs parcours illustrent une même conviction : il n’est jamais trop tard pour croire en ses rêves.


Aujourd’hui, Gate 7 vous propose de rencontrer Alexis et Oumar, deux passionnés d’aérien dont les carrières ont pris un virage pour les mener chez Air France, où ils s’épanouissent aujourd’hui. Tous deux ont bénéficié des besoins de recrutements importants au sein de la compagnie. Rien qu’en 2026, les recrutements au sol seront d’environ 450 agents d’escale à Paris Charles de Gaulle en alternance et en CDD saisonniers. Côté maintenance, Air France Industries prévoit 1 000 embauches d’ici 2027 sur des postes de mécaniciens, techniciens et ingénieurs aéronautiques pour les sites Orly et Roissy Charles de Gaulle.


Changer de vie pour suivre sa vocation : le pari d’Alexis


Après un cursus en économie de la construction, Alexis, au tempérament résolument sportif, était certain d’une chose : il ne se voyait pas passer sa vie enfermé dans un bureau. « J’ai été confronté après la réussite de mes entretiens à un choix difficile: sous-officier dans l’Armée de l’Air ou la Police nationale. À 20 ans, je cherchais à entrer rapidement dans la vie active ; j’ai donc choisi cette dernière, car l’intégration y était plus rapide. Je souhaitais également exercer un métier à responsabilités, tourné vers le secours et l’aide à la personne, et qui m’apprendrait la rigueur (port de l’uniforme, discipline, etc.) ».


Alexis à l'embarquement d'un vol long courrier d'Air France à Paris-CDG
Alexis à l'embarquement d'un vol long courrier à Paris-CDG

Mais une autre passion le travaille. L’aérien, découvert comme une évidence lors d’un retour d’Afrique, continue de l’habiter. La période du Covid agit comme un révélateur : Alexis décide alors de se remettre en question et de changer radicalement de trajectoire. Il quitte la police nationale pour rejoindre l’aéroport de Lille-Lesquin, où il exerce pendant un an comme agent d’escale commercial, avant de poursuivre l’aventure à Paris-Charles-de-Gaulle en tant qu’intérimaire.

Ces expériences confirment ce qu’il pressentait : l’aérien est sa vocation. Fort de l’expérience acquise sur le terrain, il intègre l’AFMAE en alternance, avec une partie en entreprise au sein des salons Business Air France. Une étape décisive qui le conduit aujourd’hui à un poste d’agent d’escale en CDI au terminal 2 E de l’escale de Paris-Charles-de-Gaulle depuis fin 2025.


Si, avec le recul, ce parcours peut sembler évident, il a pourtant exigé d’Alexis une véritable prise de risque : celle d’aller vers l’inconnu et de changer complètement de vie. Un choix qu’il inscrit dans sa philosophie personnelle et dans un héritage familial marqué par la mobilité, à l’image de son père.


Aujourd’hui, Alexis a la satisfaction d’être exactement là où il souhaitait être. Épanoui dans un métier de contact où aucun jour ne ressemble au précédent, il attache une importance particulière à la relation de confiance avec les clients et au rôle de réassurance, pour quelques minutes au comptoir d’enregistrement ou en porte d’embarquement, qu’il peut jouer auprès des passagers. Interrogé sur les conseils qu’il donnerait à celles et ceux qui envisagent une reconversion après une première carrière, il est sans détour :« Il faut être convaincu que c’est le bon chemin, ne rien lâcher, retenter si ça ne marche pas la première fois et surtout garder confiance en soi. »


Oumar, itinéraire d’une reconversion vers l’aéronautique


Avant de rejoindre Air France, Oumar, 39 ans, heureux papa de trois enfants, a exercé pendant dix ans le métier de chauffeur de bus à la RATP, Ligne 113. Il avait déjà goûté au monde de l’aérien en piste en tant que prestataire, mais la crise de 2008 l’avait contraint à se réorienter. Il saisit alors l’opportunité d’intégrer la RATP, où il s’épanouit pleinement, notamment au contact des voyageurs.


Pourtant, une passion de longue date ne l’a jamais quitté. « La fièvre de l’aéro », comme il aime l’appeler, l’habite depuis son plus jeune âge. Lors de voyages en avion, ses enfants, intrigués par ses connaissances et son enthousiasme pour le secteur aéronautique, lui posent une question simple mais décisive : pourquoi ne pas travailler dans ce domaine ? Ce sera le déclic.


Oumar intervient sur des réparations lourdes de matéraux composites
Oumar intervient sur des réparations lourdes de matéraux composites

Oumar s’inscrit alors à un CAP aéronautique, option structure. Trois mois seulement après l’obtention de son diplôme, il rejoint Air France. Grâce à un parcours via le GRETA, dans le cadre d’une transition professionnelle, il a pu conserver son salaire RATP durant toute sa période de formation — un soutien déterminant lorsqu’on a une famille à charge et une vie déjà bien engagée.


Il intègre l’atelier Hélios, immense bâtiment d’Air France Industries situé dans la zone technique Ouest de l’aéroport de Roissy ou les inverseurs de poussée (pièce maîtresse du système de freinage), ventilateurs sont réparés. Accueilli très positivement par les équipes, Oumar est rapidement formé sur le terrain. Il intervient aujourd’hui sur des réparations lourdes de matériaux composites, utilisés sur les appareils de nouvelle génération. Plus légers et plus rigides, ces matériaux — présents notamment sur les radomes ou les capots moteurs — exigent un savoir-faire spécifique. Des référents composites et techniques l’ont accompagné pas à pas dans l’acquisition de ces compétences.


A Air France, l’activité ne s’arrête jamais. Les réparations n’attendent pas et Oumar travaille sur des plages horaires couvrant une amplitude de 6h30 à 19h30. Selon les besoins opérationnels, il peut également être amené à intervenir de 2h à 6h du matin, un rythme qui requiert, selon lui, une bonne hygiène de vie.


Un large sourire illumine son visage lorsqu’on lui demande s’il a trouvé sa voie : pour lui, c’est une évidence. Oumar nourrit désormais l’ambition de devenir technicien de maintenance en poursuivant ce parcours en interne. À ses yeux, la réussite d’une reconversion repose avant tout sur la capacité à croire en ses rêves et sur un investissement personnel fort dans la formation. S’il devait donner un seul conseil à ceux qui souhaitent suivre son exemple, ce serait celui-ci : persévérer.


Texte Christophe Chouleur pour Gate 7 / images Air France

Remerciements : Oumar, Alexis et Cédric

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