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Swiss : réduction d'effectif et du nombre d'avions et réaffirmation du positionnement premium

Paris le 7 mai 2021 - En raison de la pandémie mondiale persistante de coronavirus et des mutations structurelles qui en résultent sur le marché, une restructuration de SWISS semble inévitable. À moyen terme, SWISS s’attend à un affaissement structurel de 20 % de la demande globale.


En conséquence, la flotte devrait vraisemblablement être réduite de 15 % par rapport à 2019. Si l’on tient compte des suppressions de postes initiées depuis 2020 sous la forme de départs volontaires et de la fluctuation naturelle, le redimensionnement se traduirait par une réduction globale d’environ 1 700 postes à temps plein, ce qui représenterait une baisse de plus de 20 %.


Les licenciements pour raisons d’exploitation affecteraient potentiellement jusqu’à 780 collaborateurs, au sol et en vol. SWISS a lancé un processus de consultation afin de trouver, avec ses collaborateurs et ses partenaires sociaux, des solutions aussi acceptables que possible sur le plan social.



Toutes les conditions imposées par la Confédération suisse dans le cadre du prêt bancaire garanti seraient respectées malgré les mesures de restructuration qui se profilent à l’horizon. À l’avenir, SWISS réaffirmera son positionnement premium, préservera ses sites de Zurich et de Genève et veillera à ce que la Suisse soit reliée au monde.


Un an après la flambée épidémique mondiale de coronavirus, le transport aérien reste à un niveau très bas. L’effet COVID19 est nettement plus important que celui de chocs exogènes antérieurs et a frappé le secteur dans une mesure sans précédent. Swiss International Air Lines (SWISS) aussi doit encore faire face au plus grand défi de son histoire. Elle a réagi rapidement à l’apparition de la pandémie en prenant des mesures d’économie radicales pour faire face à la crise et à l’imminence d’un manque de liquidités.


Une restructuration semble inévitable


Compte tenu de l’absence persistante de reprise dans le secteur du transport aérien, une restructuration allant au-delà des mesures de réduction des coûts déjà engagées semble inévitable. Dieter Vranckx, CEO de SWISS : « Il apparaît de plus en plus clairement que le marché est en pleine mutation structurelle et que, malgré les mesures que nous avons prises à un stade précoce, une restructuration de SWISS semble malheureusement inévitable ». À moyen terme, SWISS s’attend à une baisse structurelle de 20 % de la demande globale. « Avec notre nouveau programme stratégique reaCH, nous nous alignons sur la nouvelle situation du marché. Il comprend, entre autres, un redimensionnement et une transformation qui devraient permettre de réaliser des économies durables de l’ordre de 500 Mio de CHF. L’objectif est de pouvoir rembourser rapidement notre prêt bancaire tout en préservant notre compétitivité et notre capacité d’investissement à long terme », poursuit Dieter Vranckx.


La flotte devrait être réduite de 15 %


La flotte, composée de 90 appareils appartenant à SWISS et d’avions d’Helvetic Airways exploités pour le compte de SWISS sous la forme d’un affrètement avec équipage (ou wetlease) sera adaptée à la baisse de la demande et devrait être réduite de 15 % par rapport à 2019. Sur les liaisons court et moyen-courriers, le nombre d’appareils serait ramené de 69 à 59 suite au retrait des appareils de la famille Airbus A320 et à la diminution du nombre d’appareils en wetlease. Sur les lignes long-courriers, SWISS entend réduire sa flotte de 31 à 26 appareils. 5 appareils de la famille Airbus seraient ainsi retirés de l’exploitation.

En raison de la baisse de la demande, il est vraisemblable que les fréquences court-courriers, moyen-courriers et long-courriers devront être réduites par rapport à 2019. Il est par ailleurs probable que certaines dessertes intercontinentales directes ne pourraient pas être reprises dans un premier temps. Les considérations économiques imposées par la Confédération dans le cadre du prêt bancaire garanti, à savoir que l’offre de vols de SWISS se développe proportionnellement à celle de Lufthansa Group Airlines, serait ainsi satisfaite.


Jusqu’à 780 employés pourraient être touchés


La réduction prévue de la flotte et l’adoption de mesures supplémentaires auraient également un impact sur les effectifs de SWISS1. D’ici à la fin de l’année 2021, SWISS aura déjà supprimé plus de 1 000 postes équivalents temps plein (ETP) par le biais de départs naturels et volontaires, mais une nouvelle réduction des effectifs sera probablement incontournable. Dans le cadre du redimensionnement prévu les réductions d’effectifs pourraient toucher jusqu’à 780 collaborateurs (650 postes ETP), dont environ 200 au sol, 60 à la technique, 400 parmi le personnel de cabine et 120 dans le cockpit. La réduction éventuelle de ce total d’environ 1 700 postes à temps plein (ETP) correspondrait à une baisse de plus de 20 % par rapport à 2019. Compte tenu de la mutation structurelle du marché, cette mesure devrait être prise indépendamment de toute extension du chômage partiel. Dieter Vranckx : « Je suis navré qu’après de nombreuses années de succès avec une équipe sensationnelle, nous soyons contraints d’envisager une étape aussi douloureuse. Malheureusement, la situation reste extrêmement difficile et exigera une discipline et une efficacité continues en matière de coûts. Nous sommes cependant convaincus que cette probable restructuration nous permettrait de sortir renforcés de cette crise et de renouer durablement avec le succès dans le Monde d’Après ».


Le processus de consultation est lancé


Dans le cadre du processus de consultation qui vient d’être lancé, d’autres solutions sont à l’étude avec les partenaires sociaux, les salariés et leurs représentants, afin de limiter au maximum le nombre de licenciements pour raisons d’exploitation et de rendre socialement acceptable toute réduction envisagée. Cela répondrait également à l’exigence politique liée au prêt bancaire. Des plans sociaux sont déjà en place pour l’ensemble du personnel, à l’exception du personnel du cockpit. Étant donné que la convention collective de travail des pilotes actuellement en vigueur comprend une protection contre le licenciement, une solution doit être trouvée à la table des négociations avec le syndicat Aeropers en regard des sureffectifs structurels.

La procédure de consultation et la phase d’évaluation devraient être achevées à la mi-juin. SWISS communiquera ensuite sa décision.


La réaffirmation du positionnement premium – une volonté encore plus forte de durabilité

Même après une probable restructuration et une réduction de sa flotte, la compagnie aérienne de la Suisse s’efforcera de maintenir une grande partie de son réseau de lignes aériennes afin de répondre aux besoins de l’économie, de la société et du tourisme suisses. Elle préservera ses sites de Zurich et de Genève et veillera à ce que la Suisse reste reliée au monde par des vols intercontinentaux directs. Elle réaffirmera également son positionnement premium. SWISS continuera par exemple à proposer une First Class sur tous ses vols long-courriers.


Le redimensionnement et la transformation prévus dans le cadre de reaCH prévoient également une volonté encore plus forte d’orienter l’entreprise vers la durabilité et un changement structurel du monde du travail. Il s’agit notamment de moderniser la flotte en continu, d’utiliser du carburant durable pour l’aviation (Sustainable Aviation Fuel – SAF)et de poursuivre le développement du transport intermodal. Avec de nouveaux modèles de travail et l’introduction de structures d’entreprise agiles, SWISS réagit également à l’évolution structurelle du monde du travail et profite pleinement des nouvelles opportunités résultant de la progression de la numérisation. La collaboration au sein du groupe Lufthansa sera encore intensifiée et le potentiel de synergie exploité. SWISS se renforcera également par la création de nouveaux centres de compétences, notamment dans le secteur commercial. La coopération déjà très bien établie avec la compagnie sœur Edelweiss sera également approfondie.


1 En 2019 avant le début de la pandémie : 7 550 postes à temps plein (ETP), 9 500 collaborateurs